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Les anciens directeurs de l'IRA

Pierre Kalck

Pierre Kalck

Administrateur de la France d’outre-mer à Madagascar à l’âge de 22 ans et juste après les terribles événements de 1947, administrateur en Oubangui-Chari trois ans plus tard, Pierre Kalck, mon père, a toujours porté une grande attention à sa Lorraine natale.

Lorsque, grâce à Pierre Messmer, ancien élève comme lui de l’école de la France d’outre-mer, la décision de créer un quatrième IRA à Metz a été prise, il a été très heureux de mettre en place cet établissement avec des moyens assez sommaires et sur un site qui avait été occupé par une école canadienne – autre devoir de mémoire – au milieu des logements sociaux.

Je me souviens aussi de ses références quelque peu amusées au fait que l’institut avait été construit sur un ancien cimetière. La France de l’Est étant très déficitaire en cadres administratifs publics et ne fournissant d’ailleurs pas à l’État un grand nombre de candidats, cette localisation a été bienvenue.
Mon père aurait également aimé qu’on se souvienne de la coopération inter-frontière qu’il a engagée très tôt, sur les questions d’administration publique, notamment avec l’Allemagne, qui ont donné  lieu à des échanges fructueux entre les écoles d’administration des deux pays. C’est ainsi que les élèves de l’IRA de Metz ont pu se rendre à Berlin. Je me souviens enfin qu’il était très fier d’avoir mis en place, il y a donc 40 ans, une formation d’envergure à l’informatique pour les services publics.
Je remercie avec émotion François Chambon de l’occasion qu’il m’a donnée de rendre hommage au travail de mon père à Metz.

Odile Bobenriether-Kalck
Inspectrice générale de l’agriculture

Emilien Cadars

Emilien Cadars

Emilien Cadars, directeur de l’IRA de Metz de 1983 à 1987. Le deuxième directeur de l’IRA de Metz, Emilien Cadars, après avoir dirigé l’établissement pendant 5 ans, a rejoint, pour un nouveau mandat directorial, l’IRA de Lyon de 1987 à 1994. Ce parcours préfigurait déjà les liens et le travail en réseau existant entre les cinq instituts régionaux d’administration.

Claude Guillerme

Claude Guillerme

Quelques souvenirs. De novembre 1987 à novembre 1996, j’ai pu apprécier, en qualité de directeur, le rôle et l’utilité des IRA, en particulier de celui de Metz. Issu de l’éducation nationale, appelé à diverses fonctions administratives et sensibilisé à l’action locale par mes fonctions d’élu, j’avais déclaré à l’époque « que la qualité du service rendu au public passait par une évolution à tous  les niveaux : organisation matérielle, simplification des procédures, modification des comportements, décloisonnement entre administrations ... la formation continue (étant) d’ailleurs un outil qui s’imposait de plus en plus à chacun ».
Une telle déclaration est-elle encore pertinente, je ne le sais, mais c’est avec un peu d’émotion que j’évoque aujourd’hui quelques souvenirs de l’époque.

Dans la continuité des actions impulsées par mes prédécesseurs, l’IRA a développé alors ses partenariats avec des établissements allemands « homologues », les fachhochschulen de Berlin et de Kehl (merci encore à Evelyne Will, directrice des études). Cette ouverture à l’Europe s’est trouvée confortée officiellement en septembre 1993, à l’occasion du 20e Anniversaire de la création de l’institut, le ministre de la fonction publique, André Rossinot, assignant à l’établissement « un rôle pilote pour qu’il devienne un partenaire privilégié pour certains pays d’Europe centrale, Orientale et Baltique... » Cette orientation a permis alors l’accueil de stagiaires étrangers, c’est ainsi que cinq fonctionnaires roumains ont suivi une scolarité complète à l’IRA alors que le directeur lui-même s’impliquait dans plusieurs missions, plus ou moins inédites, dans différents pays de l’Est, la Russie, la Roumanie, la Tchécoslovaquie, le Kazakhstan,le Kirghistan... Missions relevant de démarches visant à développer la coopération administrative internationale... Comment oublier cet insolite atterrissage de nuit, en plein coeur de la Sibérie centrale, alors que nous aurions dû nous poser tranquillement à Ekaterinenbourg à 11 h du soir ?... Nous étions bien loin de Metz...

Au-delà d’un peu de lyrisme, il ne faudrait pas oublier l’essor des actions de formation continue, essor favorisé par la création du service de la formation continue et par le développement de la collaboration avec les instances ayant en charge la formation des cadres territoriaux...
Et puis, nécessité oblige, l’invasion de l’informatique a généré la spécialisation de salles, leur équipement, l’appel à des formateurs qualifiés... On n’arrête pas le progrès... Longue vie à l’IRA de Metz !

Paul Helms

Paul Helms

Souvenirs, souvenirs... Les meilleurs souvenirs les plus présents dans ma mémoire ont souvent été des moments partagés avec les élèves :

- le souvenir le plus émouvant est, lors de notre voyage d’études en Pologne, en 1997, la visite faite avec une grande majorité des élèves et quelques membres du personnel, aux camps d’Auschwitz et de Birkenau. A la sortie d’Auschwitz, surtout de la dernière salle, celle des cheveux, nous étions nombreux, vaincus par l’émotion, à nous cacher pour pleurer à l’extérieur, derrière ce qui pouvait nous dissimuler. J’ai en tête l’échange de regards, lorsque nous nous sommes regroupés, avec tel ou tel élève que je n’ai pas oublié ;

- l’autre souvenir vient aussi d’un voyage d’études, celui à Barcelone en 2002, consacré à l’organisation territoriale de l’Espagne et de ses Communautés autonomes. La première vice-présidente de Catalogne est venue nous faire une conférence particulièrement agressive contre Madrid, en disant, notamment, qu’elle se sentait catalane et non espagnole et que si elle le pouvait, elle déchirerait son passeport espagnol.

- le voyage d’études à Chypre sur la question chypriote et la visite sous bonne garde de l’ONU de la Buffer-zone de quelques mètres de large entre les troupes turques et grecques en armes et l’excellent accueil de l’ambassadeur de France ;

- les stages d’intégration à Ventron.

- la qualité des intervenants en droit administratif appliqué, notamment ;

- la coopération internationale avec la Russie, l’Ukraine et la Chine par laquelle nous essayions de “vendre” le modèle français des Ecoles de formation des fonctionnaires, de leur apprendre l’Etat de droit...;

- la mise en oeuvre de l’équipement informatique (pédagogique et administratif) de l’IRA et de la rénovation régulière des bâtiments.

Patrick Thull

Patrick Thull

Directeur de l’IRA de Metz de 2004 à 2008. Patrick Thull, ancien élève de l’ENA, après une carrière préfectorale très riche et une expérience dans le privé, a rejoint sa ville natale en 1992 comme directeur général des services de la région Lorraine. En 2004, il devient directeur de l’IRA de Metz jusqu’à son décès le 13 octobre 2008.

Passionné d’histoire et notamment par celle de sa région, il est l’auteur de plusieurs livres qui font aujourd’hui encore référence, tel « C’est demain la Lorraine ». Ce fin connaisseur du monde administratif et politique n’aimait rien tant qu’analyser et transmettre. Enseignant à Sciences Po Paris, à l’ENA et à l’INET, il avait trouvé à l’IRA un terrain où il pouvait contribuer, à travers la formation des futurs fonctionnaires, à la modernisation de la fonction publique. “L’IRA est le creuset des cadres de la fonction publique”. Pour Patrick Thull, le socle de l’action administrative repose d’abord sur la maîtrise “des fondamentaux professionnels que tout cadre de l’état doit savoir utiliser avec pertinence et subtilité”. D’où son souci d’une formation continue bien ciblée avec notamment des modules de gestion des ressources humaines.

Enfin, Patrick Thull avait à coeur de développer une dimension partenariale avec les collectivités locales et les institutions publiques et parapubliques mais aussi à l’international, en particulier avec la Bavière, à travers les Journées de Fishbachau, et dans le cadre de la Grande Région.

“Les futurs fonctionnaires issus des IRA doivent être conscients et convaincus que le coeur de leur métier, c’est le service public, c’est-à-dire le service de nos concitoyens. Devenir fonctionnaire, c’est un choix personnel qui implique un engagement. à chacun de l’assumer au mieux, grâce à une formation adaptée et évolutive digne des enjeux de la nécessaire modernisation de l’état.”

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